Concentration de l’emploi dans les groupes et oligopolisation des marchés
Sont aujourd’hui recensées en France environ 4,5 millions d’entreprises, parmi lesquelles 4,3 millions de micro-entreprises qui donnent au tissu économique national une image très fragmentée à première vue. Au-delà de cette première impression, le système productif s’avère en fait extrêmement concentré, marqué par des configurations oligopolistiques peu ou prou généralisées à tous les secteurs. Environ 54% des emplois salariés privés reposent sur seulement 6900 entreprises, soit 0,15% du parc. Longtemps masquée par la subdivision des firmes en de nombreuses entités autonomes, cette concentration est désormais mieux évaluée par les instituts statistiques qui ont été conduits, dans un cadre européen animé par Eurostat, à ne plus définir l’entreprise à partir de la notion juridique de société (« unité légale ») mais à partir d’une définition économique qui agrège les diverses composantes d’un même groupe. Les liaisons financières entre sociétés sont ainsi prises en compte pour mieux détourer le périmètre réel des entreprises, marquées par la même unité de commandement. Cette consolidation s’est avérée aussi opportune que nécessaire tant s’est approfondie depuis le milieu des années 1990 la structuration des groupes en « business units » ou en entités filialisées…