I - La méthanisation : un vecteur de l’économie circulaire dans les territoires ?

La méthanisation s'inscrit dans la stratégie européenne RepowerEU (Union Européenne, 2022). Un objectif de 35 milliards de mètres cubes de biométhane d'ici 2030 est fixé pour l'UE, dans une logique de réduction de la dépendance au gaz naturel d’origine fossile, en particulier russe. La croissance de l'injection de biométhane dans le réseau gazier européen reste trop lente pour atteindre ces objectifs, ce qui pousse les États membres à renforcer leurs dispositifs de soutien. Depuis plusieurs années, la France, disposant de ressources importantes en biomasse agricole méthanisables grâce à une surface agricole utilisée (SAU) de plus de 26 millions d’hectares (Agreste - RGA 2020), a enregistré une forte croissance de ses capacités de production. Elle est logiquement devenue, en 2025, le premier pays de l’UE pour les capacités installées, devant l’Allemagne et le Danemark, deux pays leaders dans le décollage de cette activité (Figure 1). Cet objectif s'inscrit dans une triple ambition, à savoir décarboner le mix gazier, réduire la dépendance énergétique du pays et soutenir une transition agroécologique. Ce dernier point relie la méthanisation à une problématique territoriale. Elle mobilise des ressources locales, crée des boucles courtes de valorisation énergétique et d’usages des fertilisants. Elle peut structurer des synergies (agriculteurs, collectivités territoriales, industriels) à l'échelle d'un territoire (Anzalone et Mazaud, 2023), ce qui en fait un levier privilégié d'écologie industrielle localisée...